1.voix off en 2025

La voix off , ou voix hors champ(selon les recommandations officielles en Franceet au Québec), est un procédé narratif utilisé dans les les podcasts, les publicités, vidéos d’internet, et parfois aussi dans les, qui consiste à faire intervenir au cours du déroulement d’un plan, d’une  ou d’une , la voix d’un personnage qui n’est pas vu dans ce plan, cette séquence ou cette scène. Ce personnage peut être un de ceux que les spectateurs ont déjà vu dans le récit ou un narrateur sans visage (éventuellement et doué d), qui les guide dans des moments décisifs du film. La voix off est toujours partie prenante de l’action, dont elle est un élément moteur, explicatif ou correctif22.

Dans les , la voix du narrateur est appelée commentaire. L’anglais emploie les termes « voice-over » (employé dans   en français) ou « off-camera/off-stage commentary ».

voix off
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2.Réplique off d’un personnage

Les professionnels indiquent volontiers « off » à la suite du nom d’un personnage qui prononce une phrase sans être « à l’image », un personnage qui se situe donc dans le , mais qui a déjà été vu dans un ou plusieurs plans de la séquence ou qui le sera par la suite.

Exemple : dans, les deux personnages de Michel Poiccard et Patricia sont en voiture et tiennent un dialogue de sourds. Michel est jaloux du rendez-vous de travail qu’un a pris avec Patricia et il a tenté de la dissuader de s’y rendre. La fin de la scène peut être ainsi décrite, à partir du film terminé :

— Michel [déclamant, off] : « Hélas, hélas, hélas ! J’aime une fille qui a une très jolie nuque, qui a de très beaux seins, de très jolis poignets, un très joli front, de très jolis genoux… Mais qui est lâche ! »
— Patricia : « C’est là, stop ! »
— Michel : « Attends, je vais me garer, quoi ! »
[Patricia lui dépose un rapide baiser sur la joue]
— Patricia : « Non, c’est inutile ! » [elle sort du ]
— Michel : « Bon, fous le camp !… Je ne peux plus te voir… Fous le camp !… Fous le camp, dégueulasse ! »

Dans le procédé du , un personnage qui parle est tantôt « in » (c’est-à-dire qu’on le voit prononcer son dialogue), tantôt « off » (c’est-à-dire qu’on l’entend parler mais que l’on voit par exemple son interlocuteur qui l’écoute). Cette alternance des « in » et des « off » des personnages est obtenue au montage à partir des plans dans lesquels figure chaque personnage, filmé durant l’intégralité du dialogue (quand il parle et quand il écoute).

voix off
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3.Voix off (ou voix hors-champ)

Ce que l’on appelle stricto sensu la voix off est la voix d’un ou de plusieurs personnages dont la fonction dramatique est d’expliquer objectivement la séquence ou de préciser comment le personnage l’a vécue ou la vit sur le moment. C’est donc respectivement un témoignage ou une. Le (flashback) et la voix off sont deux procédés de récit très souvent associés.

voix off
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4.Voix off et flash-back

« L’un des premiers exemples [de voix off], et peut-être le plus célèbre, [est] de (1936), où le décalage subtil entre l’action et le commentaire de l’auteur produit un fort effet d’ironie, typique de la manière de Guitry, dont  saura se souvenir dans (1941). »

Dans le film  « le personnage du critique de théâtre Addison DeWitt (George Sanders) nous a préparés en voix off à ce retour sur la carrière de la comédienne, car, demande-t-il, que savons-nous d’Eve Harrington ? L’épouse d’un dramaturge à succès est la première à l’évoquer, et sa voix off sur l’image de son visage nous prévient avec insistance de l’arrivée proche d’un flash-back : « Quand était-ce ? Il me semble qu’il y a toute une vie… C’était pourtant il y a un an, en octobre dernier… » »

Dans , le récit de la carrière du producteur de films Jonathan Shields ) est tenu dans trois flash-backs par trois personnages dont il a été le découvreur, mais que tôt ou tard il a trahis, et qui se refusent à participer à son prochain film alors qu’il est dans une mauvaise passe financière et qu’il les appelle à l’aide. C’est d’abord le à succès Fred Amiel , dont la voix off lance le premier flash-back : « Il y a 18 ans exactement, il était debout à côté de moi, lors de cet enterrement… Comment j’aurais pu savoir qui c’était… » Puis c’est la star Georgia Lorrison ( qui commence directement en voix off : « La première fois que j’ai vu Jonathan Shields… » Enfin, le James Lee Bartlow, dit Jim  rappelle en voix off qu’il n’en était qu’à ses débuts quand son chemin a croisé celui de Jonathan Shields : « Je travaillais alors sur mon second roman… », un projet qui semblait être au point mort, vu le nombre de fois où dans ce troisième flash-back, le romancier s’installe devant sa machine à écrire, avec la voix off qui répète, apparemment impuissante : « Je me remis au travail… »

Dans  la voix de celui qui apparaît comme un acolyte bavard, Roger « Verbal » Kint , succède à ses fausses confessions in et devient une explication de l’action, en voix off, dont le but est en réalité d’égarer la police et de fourvoyer en même temps le spectateur dans une impasse, une fausse piste (« red herring »en anglais).

Dans la série  la voix off d’un des personnages, , dont les spectateurs ont été témoins du suicide dès le tout début du premier épisode de la Saison 1, amorce et termine la majorité de tous les épisodes des 8 saisons, par des réflexions, qu’on pourrait qualifier de philosophiques, sur le sens de la vie dans cette banlieue chic de Fairview. Sa voix off sert également à résumer les situations nouvelles installées dans les épisodes précédents et à lancer des interrogations sur le futur proche des personnages (on parle en anglais de «  », épisode dont l’issue est laissée en suspens jusqu’au suivant afin de tenir le spectateur en haleine). Sa fonction est essentielle dans le déroulement dramatique de la série, en jouant aussi bien du témoignage que de la réflexion intime.

 

vovoix offix off
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5.Voix off et mort

Dans certains films, la voix off d’un personnage qui s’exprime dès le début, donne un renseignement fondamental sur sa survie (ou sa mort) à la fin du récit.

Ainsi, dans , après la confidence désabusée d’une adolescente dans le prégénérique, la voix off du personnage principal (Kevin Spacey), sur les images aériennes d’un américain  caractéristique, nous annonce son destin : « Je m’appelle Lester Burnham. Ça, c’est mon quartier, ça c’est ma rue, ça c’est ma vie. J’ai quarante-deux ans, dans moins d’un an, je serai mort… » « Le problème de la fin du film étant d’emblée résolu puisque nous savons que le héros va mourir, il reste la question de qui va le tuer ? Sa fille qui dit le haïr ? Le copain de sa fille ? Sa femme qui le méprise et le trompe ? Son voisin ? »Ces questions constituent tout l’intérêt de ce film.

Dans , au contraire, on sait que le personnage principal, Villard  survivra. Mais à ses yeux, le futur est plus qu’incertain, il apprend en voix off aux spectateurs qu’il s’apprête à participer à « une mission triée sur le volet, et quand je l’eus accomplie, jamais plus je n’en réclamai d’autre ». « Une information importante est donnée là au public, il sait que Villard reviendra vivant de sa mission, abattre dans son repaire en pleine jungle un officier dévoyé (Marlon Brando). »L’enjeu du film est de découvrir avec Villard la personnalité extravagante de cet officier.

telle entrée en matière établit une certitude, Edso va survivre au drame. Ainsi, le spectateur pourra craindre pendant tout le film pour la vie de l’autre personnage, Guillaume de Baskerville. »

La voix off permet aussi de prendre le contre-pied de ce que montrent les plans, en transformant le sens de la scène jouée. Par exemple, dans La Voix, un spot de 30 secondes dénonçant lesréalisé par  en 2009, les plans suivent une femme dans une galerie commerciale, tandis que la voix off, qui s’avère être celle de son mari, commente de façon insultante les actes banals de cette femme

Voix off et humou

Dans  la voix off du narrateur (, personnage que l’on ne verra jamais à l’image, est un élément moteur de la dramaturgie, qui résume avec force et humour le caractère des principaux personnages. Ce raccourci, proche de la  permet aux spectateurs de porter un regard amusé sur l’histoire, et contribue à son charme évocateur. « De cette carte postale qui bouge naît une émotion, un personnage, un courant de vie. »

Dans la série  le récit est mené par la voix off de l’un des personnages de cette Ted Mosby ( qui raconte sa vie à ses deux enfants adolescents, vautrés sur un canapé, intéressés surtout à connaître les détails de la rencontre de leurs parents. Mais Ted Mosby a aussi beaucoup d’autres souvenirs qui concernent le groupe de ses meilleurs amis, et les adolescents, impatients et souvent déçus, se devront d’attendre la Saison 8 pour savoir enfin comment leurs géniteurs se sont décidés à fonder une famille. Passant du coq à l’âne, multipliant les péripéties secondaires, évoquant un second flash-back à l’intérieur d’un premier, faisant un bond dans le futur – ce qui fait espérer les deux adolescents – pour encore une fois s’égarer dans une autre histoire qui ne leur apprend rien, leur père les fait languir au grand plaisir des spectateurs. La voix off ouvre chaque évocation devant les adolescents qui fixent un vers leur père, montrant leur excitation quand il annonce que « c’est dans ce cabaret-là que j’ai rencontré votre mère », puis leur désappointement quand il ajoute que « avant cela, il faut que je vous explique pourquoi j’avais accepté de suivre Barney dans ce cabaret », ces douches froides répétées, infligées à son fils et à sa fille, sont l’un des principaux moteurs de cette comédie.

VOIX OFF

6.Voice-over

Le voice-over est une traduction simultanée des paroles que prononcent les personnages dans une fiction, ou les interviewés dans un documentaire ou un reportage télévisé. La traduction n’est pas improvisée (sauf en cas de direct), mais écrite par des dialoguistes de La voix du comédien ou du journaliste qui lit et joue la traduction en off, passe par-dessus la voix du comédien ou de l’interviewé à l’image, d’où le terme « voice-over »,

Pour la fiction, le voice-over est surtout présente dans les cinémas des pays en voie de développement, qui n’ont pas les moyens de doubler les films, ni même d’établir des sous-titres (leur public étant parfois illettré). Il est aussi utilisé dans les DVD et pour des versions commentées en direct par le réalisateur, ou par un participant majeur du film scénariste ou producteur).VOIX OFF

Comment choisir un Voix off / Doubleur ?

Pour trouver le Doubleur freelance qui correspond parfaitement à votre projet, vous devez tout d’abord vérifier que son timbre de voix et le ton qu’il peut employer est cohérent avec votre projet. Vous avez besoin d’une personne avec un ton rassurant, exagéré, traditionnel, folklorique ? Définissez l’ambiance générale de vos projets pour demander à votre freelance s’il est capable d’adapter sa voix dans ce sens.

Pour votre communication, il peut être intéressant d’avoir une voix officielle, celle qui vous rend immédiatement identifiable et unique auprès de vos clients. Avez-vous besoin de travailler sur du long termes avec votre Doubleur freelance ? Si c’est le cas, n’hésitez pas à demander en amont la disponibilité de votre indépendant.

Pour finir, la motivation est très importante dans ce métier artistique. Trouvez une personne qui croit et aime votre projet, il transmettra vos valeurs à travers ses prestations.

 

En conclusion, l’analyse détaillée de la voix off, ou « voix hors-champ », révèle qu’elle est bien plus qu’un simple outil technique de narration. C’est un élément dramatique fondamental, un pont construit entre l’image et la conscience du spectateur, dont les fonctions et les pouvoirs sont aussi variés que profonds. Loin de se limiter à une simple explication, elle est, comme le souligne la définition initiale, un « élément moteur, explicatif ou correctif » de l’action, façonnant activement notre perception et notre interprétation du récit.

Comme nous l’avons vu, la distinction entre la « réplique off » d’un personnage présent dans la diégèse et la « voix off » stricto sensu d’un narrateur extérieur est cruciale. La première ancre le récit dans une réalité spatiale cohérente, tandis que la seconde ouvre une dimension métaphysique ou subjective. C’est dans cette seconde catégorie que la voix off déploie toute sa puissance. Son association historique avec le flash-back, illustrée par des œuvres fondatrices comme Le Roman d’un tricheur de Sacha Guitry ou des classiques hollywoodiens comme Ève et The Bad and the Beautiful, en fait un pilier de la narration non-linéaire. Elle permet de tisser des liens temporels complexes, de confronter le passé au présent, et d’offrir un point de vue rétrospectif qui enrichit la dramatisation.

La voix off possède également un pouvoir unique pour manipuler le temps et la tension narrative, voire pour réécrire les règles de la mortalité cinématographique. En révélant d’emblée le destin d’un personnage, comme dans American Beauty où Lester Burnham annonce sa propre mort, elle opère un renversement dramatique : l’enjeu n’est plus le « quoi », mais le « comment » et le « pourquoi ». Elle désamorce le suspense de la survie pour le remplacer par une angoisse existentielle et une enquête sur les causes. À l’inverse, dans Apocalypse Now, la certitude de la survie du capitaine Willard permet de concentrer toute l’attention sur la descente aux enfers psychologique et la quête de Kurtz. Dans des œuvres plus modernes comme The Usual Suspects, la voix off devient même un instrument de tromperie à part entière, guidant délibérément le spectateur sur une fausse piste et transformant la narration en un leurre magistral.

Au-delà du drame, la voix off excelle dans le registre de l’humour et de la complicité avec le public. Que ce soit le ton ironique et désinvolte du narrateur dans Amélie Poulain, qui confère à Paris un charme de conte moderne, ou les digressions exasperantes de Ted Mosby dans How I Met Your Mother, elle crée un ton unique. Elle permet une distance critique, un commentaire méta-narratif qui invite le spectateur à partager un regard amusé ou attendri sur les personnages et leurs péripéties. Enfin, dans le domaine pratique de la communication, le choix d’une voix off n’est pas anodin ; il s’agit de sélectionner l’âme sonore d’un projet. La recherche d’un timbre, d’un ton et d’une motivation alignés sur les valeurs du message est essentielle pour créer une identité auditive forte et fiable.

Ainsi, de la confidence intime au commentaire omniscient, de la manipulation temporelle à l’annonce prophétique, la voix off se révèle être un espace de liberté narrative absolue. Elle est cette présence invisible qui, sans jamais apparaître à l’écran, donne sa couleur, son rythme et souvent son sens le plus profond à l’œuvre. Elle est la preuve que le cinéma et les récits audiovisuels, art du visible par excellence, doivent une part essentielle de leur richesse à ce qui ne se voit pas, mais qui se fait entendre, résonnant dans l’esprit du spectateur bien après que les images se sont estompées.

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